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Yannick MULLIÉ


Diplômé du CEESO Paris, Yannick Mullié s’est professionnalisé à la suite de sa formation d’ostéopathie à l’étranger, et plus particulièrement au Canada. Entre pratique et recherches, le parcours d’un ancien élève qui étend l’ostéopathie à d’autres horizons.

 

Votre parcours depuis la sortie de l’école CEESO Paris ?

« Diplômé depuis 10 ans, j’ai d’abord ouvert un cabinet en Loire atlantique, puis au bout de 3 ans et pour satisfaire mes envies de voyages, j’ai immigré au Canada (Québec). J’y ai travaillé depuis, d’abord à temps plein puis maintenant à temps partiel depuis mon retour aux études. J’ai repris une maîtrise en sciences de la réadaptation pendant laquelle j’ai étudié le rôle de la proprioception à la marche chez les personnes en santé et hémiparétiques. Ce travail a mené à une publication (Mullie Y & Duclos C, 2014). Par la suite, attiré par les mécanismes sous-jacents à ces questions, j’ai poursuivi avec un Doctorat en Neurosciences où j’étudie actuellement la contribution des ganglions de la base à la locomotion, la tâche d’atteinte et les ajustements posturaux nécessaires à son exécution. »

Ce qui vous a donné envie de faire de l’ostéopathie – Pourquoi ce métier ?

« C’est l’ostéopathie qui est venue à moi et non l’inverse. Le premier cadeau de Noel dont je me rappelle est un corps humain miniature en plastique que l’on pouvait ouvrir pour observer les différents os et organes du corps humain. De plus j’ai toujours été intéressé par les mécanismes et la compréhension de ceux-ci. Quand j’ai été mis en contact avec une certaine explication du fonctionnement du corps humain, j’ai été séduit. »

Ce que vous retenez de l’école CEESO Paris ?

« Je retiens du CEESO Paris, un sérieux dans tous les domaines, dans la rationalité des approches enseignées, dans la qualité des terrains de stage que j’ai fréquenté ainsi que dans la qualité des intervenants dans les matières fondamentales enseignées. »

Les principales étapes de préparation de votre changement de pays ?

« Il faut comprendre que l’Amérique du Nord et le Canada fonctionne selon le principe de l’immigration CHOISIE. Pour travailler ou étudier au Canada, il faut un VISA délivré par les autorités canadiennes. Celui-ci est fonction du dossier d’application à l’immigration et du programme choisi (immigration temporaire = visa ; immigration long terme= résidence permanente) (cf le site de l’ambassade du Canada à paris). »

Pratiquer en France, et au Canada… Quelles sont les différences majeures ?

« La pratique est différente et à bien des égards. Tout d’abord, il faut un visa de travail (un visa d’étude ne permet pas de travailler et inversement pour le visa de travail). Ensuite, en fonction de son lieu d’exercice (Québec inclus), il faut maîtriser l’Anglais (le canada est un pays bilingue). Du point de vue pratique, les consultations en ostéopathie sont soit déductibles d’impôts passé un certain montant soit remboursées par les assurances dans une certaine limite. Or délivrer un tel reçu est fonction de son appartenance à une association professionnelle (et elles ont toutes leurs critères d’appartenance).

Sans reçu, pas de déduction/ remboursement donc pas de patients en consultation. Il existe une différence dans le rapport au corps également. Quitter ses vêtements chez l’ostéopathe est inhabituel, il faut apprendre à traiter nos patients en short/T-shirt ou vêtements de yoga, un peu comme le font les ostéopathes Britanniques, Australiens ou Américains. Enfin, les clients sont habitués à voir leurs professionnels de santé régulièrement. Proposer un rendez-vous à 6-8 semaines par principe, c’est de facto être incapable de développer une pratique clinique pérenne. D’un point de vue professionnel élargi, l’ostéopathie est en cours de reconnaissance. Celle-ci prendra la forme d’un ordre et de programmes de formations universitaires.

Les ordres sont protecteurs envers leurs membres et comme nous fonctionnons en mode d’immigration choisie, le gouvernement consulte les ordres professionnels pour avoir une idée des besoins du marché. Si l’ostéopathie entre à l’Université, il est fort probable que la porte se ferme de façon définitive puisque les formations à l’ostéopathie en France ne sont pas universitaires. En d’autres mots, le temps presse pour ceux qui envisagent d’émigrer au Canada. »

Des nouveaux projets, des nouveaux horizons que vous comptez explorer prochainement ?

« Ma vie professionnelle comporte deux pôles, le premier dans la recherche universitaire et le second en Ostéopathie. Je vais donc sous peu être confronté au choix de l’arrêt de ma pratique clinique pour possiblement prendre des engagements dans la communauté ostéopathique (association professionnelle, ordre, programme universitaire). Il se peut aussi que les compétences universitaires acquises me permettent d’ouvrir une carrière de chercheur en Neurosciences et en biomécanique dans un contexte universitaire ou dans l’industrie privée. Mon avenir n’est pas encore déterminé pour le moment. »

Dernier mot : des conseils pour les futurs diplômés du CEESO Paris ?

« Les mêmes que j’ai reçu au cours de mon développement personnel et professionnel :

1) Faites ce que vous savez faire et faites le bien !

2) L’ostéopathie doit rester simple, utiliser le raisonnement critique, la zététique et la pratique basée sur les données probantes dans votre exercice au lieu des approches à la physiologie bancale, vous n’en deviendrez que plus performant.

3) Think outside the box !!! »