Matthieu GONZALÈZ-BANDRÈSportrait noir blanc


Portrait de Matthieu Gonzalèz, ancien du CEESO Paris et passionné par l’ostéopathie dans le milieu sportif. Il nous confie sa vision réaliste du marché actuel des ostéopathes français, et prône à travers cette analyse, l’éthique, l’humilité et le respect. Des valeurs à transmettre aux futurs professionnels de la santé !

Votre parcours depuis la sortie de l’école CEESO Paris ?

Après l’obtention de mon diplôme en 2013, je suis rentré à Nantes, région où j’ai grandi. J’ai eu l’opportunité d’effectuer des remplacements récurrents chez des “anciens” praticiens, qui m’ont vite permis de voir du monde et de mettre en application ce qui m’avait été enseigné. Cette année allégée, qui précédera mon installation à Guérande m’a permis de rencontrer certaines personnes à Idhéo, qui m’ont encouragé à suivre l’année complémentaire.

Je suis, depuis, passé d’observateur à assistant de cours avec Olivier Caron puis, en charge d’une matière structurelle et assistant en clinique. J’y apprécie d’ailleurs le fonctionnement qui nous remet en question chaque année et ne permet la progression hiérarchique que par évaluation ainsi que sur le retour des étudiants. Je trouve que l’enseignement est une formidable raison de se tenir à jour et de se former régulièrement. Dans le sport et les neurosciences pour ma part.

Nous avons également monté une association, avec des amis ostéopathes, qui nous a d’abord permis de nous retrouver en tant que praticiens sur des événements sportifs, de partager, mais aussi de croiser d’autres passionnés. Ceci m’a par ailleurs permis de rencontrer et d’accompagner occasionnellement quelques athlètes olympiques et d’intervenir sur des compétitions continentales.
Je suis depuis, impliqué dans un club de rugby qui évoluait l’an dernier en Fédérale 1 élite.

Nous avons depuis, un peu levé le pied car c’est devenu un “marché” très concurrentiel, un peu agressif commercialement, et ce n’est pas le but de notre investissement.

Ce qui vous a donné envie de faire de l’ostéopathie – Pourquoi ce métier ?

L’ostéopathie n’était pas une vocation pour moi: je suis passé par un échec dans l’armée de l’air ainsi que par une Licence Staps menée à terme. J’ai postulé au CEESO Paris avec l’envie de m’impliquer dans le sport autrement que par la voie de la préparation physique ou mentale: je voulais aborder l’athlète sous différents angles afin de tenter de l’aider plus globalement. J’ai depuis découvert un métier de soins, au sens plus large.

Ce que vous retenez de l’école CEESO Paris ?

Je pense avoir été marqué par la responsabilisation et le côté professionnalisant de la formation. Nous étions à la fois très libres et plutôt obligés de réussir. C’était à double tranchant pour moi car j’y suis rentré un peu “jeune” mais je crois que nous avons eu la chance d’être bien aiguillés: notamment par Laurent Fabre, pour ma part.

Des nouveaux projets, des nouveaux horizons que vous comptez explorer prochainement ?

Je suis un curieux: je lis beaucoup de parutions, d’articles et j’échange régulièrement avec des amis et confrères. Je compte continuer à me former afin d’étoffer ma pratique. Je vise notamment deux D.U: l’un en préparation physique & réathlétisation et l’autre en méditation de pleine conscience, que je pratique. Le but étant de trouver des clés pour aider mes patients / athlètes. J’espère également concrétiser un projet en cours, visant à prendre en charge des athlètes handicapés au sein d’une Fédération.

Dernier mot : des conseils pour les futurs diplômés du CEESO Paris ?

Le paysage ostéopathique est un peu chargé et il n’est pas rare de voir des comportements commerciaux. Je crois que c’est justement par sa discrétion et son respect pour des valeurs plus éthiques, qu’un praticien se fait une place sur du long terme. Je crois par ailleurs qu’il faut tenter d’accompagner au mieux la demande des patients en leur consacrant du temps, de l’écoute, en les rendant autonomes, mais aussi en se formant et en restant respectueux vis à vis des professionnels qui nous entourent.

Bien qu’en capacité à prendre en charge de nombreuses choses, nous devons rester humbles.